Le DPI-A ou diagnostic préimplantatoire des aneuploïdies (= anomalies du nombre de chromosomes) est une technique de tri génétique des embryons fabriqués par PMA, qui vise en particulier à éliminer ceux porteurs de la trisomie 21.

Dans le cadre de la révision de la loi bioéthique, certains parlementaires ont demandé sa légalisation par voie d’amendement. Le DPI-A a été rejeté en 1ère lecture par l’Assemblée puis par le Sénat ; le gouvernement, représenté alors par la ministre de la santé Agnès Buzyn, n’y était pas favorable.

Mais un nouvel amendement l’autorisant a été adopté en commission en 2ème lecture le 2 juillet dernier ; il sera débattu en séance par les députés la dernière semaine de juillet. Et le nouveau ministre de la santé M. Olivier Véran est lui un partisan du DPI-A.

Il existe plusieurs raisons sérieuses de s’opposer à cette revendication de légaliser le DPI-A.

1. Le DPI-A est une dérive eugéniste, elle est dangereuse pour l’humanité

Le principal enjeu éthique du DPI-A se pose non pas au niveau individuel (choix des couples) mais au plan collectif. Si le DPI-A devait être autorisé, cela signifierait qu’au nom de la société, le législateur s’arrogerait le droit de décider quel enfant peut vivre et quel enfant ne le peut pas, en fonction de son génome.

Comme l’a rappelé Mme Buzyn, « autoriser cette pratique conduirait manifestement à une dérive eugénique ». Cela reviendrait à établir une norme génétique, ce que le législateur français s’est toujours refusé de faire jusqu’à maintenant.

Le DPI-A est aussi une technique dangereuse par sa portée. Sa légalisation, en créant un droit de trier les embryons au génome désigné comme « imparfait » va entrainer des couples à recourir à la PMA pour pouvoir avoir un enfant « génétiquement correct ».

2. Le DPI-A véhicule un message de rejet des personnes handicapées

Sélectionner pour éviter l’implantation des embryons trisomiques et autoriser leur destruction revient à vouloir empêcher la naissance d’enfants trisomiques.

Cette revendication véhicule un message collectif de rejet, de stigmatisation et de discrimination à l’égard des personnes porteuses de trisomie 21. Elle renforce l’idée qu’il vaut mieux que les enfants porteurs de ce handicap ne naissent pas, pour eux-mêmes, pour leurs parents, pour la société. Est-ce là compatible avec la société inclusive et ouverte aux différences que l’on prétend construire ?

La trisomie 21 n’est pas la seule particularité chromosomique stigmatisée : la discrimination touche toutes les vies humaines visées par ce tri embryonnaire, quel que soit le handicap (ou la pathologie) d’origine génétique.

3. Sur le plan scientifique le DPI-A manque de fiabilité

Les promoteurs du DPI-A soutiennent qu’il permettrait de diminuer le nombre des fausses couches dans le cadre des fécondations in vitro.  Cet argument ne fait pas consensus.  Une étude  a même montré le contraire.

Avec le DPI-A, il y a par ailleurs un risque d’éliminer des embryons  non atteints. En effet, cette technique expose à des risques de faux positifs : on pense qu’un embryon est porteur d’une anomalie chromosomique alors que ce n’est pas le cas.

Il faut enfin noter le potentiel de nocivité du DPI-A : il peut abîmer l’embryon, le détruire.  

Pour ces raisons nous demandons que le DPI-A soit retiré du projet de loi bioéthique lors du prochain débat à l’Assemblée nationale.

Premiers signataires

  • Emmanuel Hirsch, professeur d’éthique médicale à l’Université de Paris Saclay
  • Eléonore Laloux, porteuse de trisomie 21, auteure de « Triso et alors », conseillère municipale d’Arras, déléguée à la transition inclusive et au bonheur
  • Emmanuel Laloux, président de Down Up
  • Clotilde Noël, responsable de Tombée du nid
  • Stéphanie Pillonca, réalisatrice, actrice, scénariste
  • Martin Steffens, professeur de philosophie

Que pouvez-vous faire ?

Il ne reste plus que quelques heures pour empêcher que la légalisation du DPI-A soit inscrite dans le projet de loi bioéthique. Mobilisons-nous ensemble, maintenant, pour que les parlementaires suppriment cet amendement eugéniste et discriminant envers les personnes handicapées.

  • Signez la pétition « Non à la traque génétique ! » et partagez-la avec un maximum de gens autour de vous
  • Demandez à votre député d’être présent dans l’hémicycle au moment du débat en séance et de voter pour l’amendement de suppression du DPI-A

Un grand merci pour votre mobilisation à nos côtés.
L’équipe de Tombée du nid.


Pourquoi « NON à la traque génétique » ? En référence à l’intervention solennelle d’un député à la tribune de l’Assemblée nationale :
« Il faut traquer, oui je dis traquer, les embryons porteurs d’anomalies chromosomiques » M. Philippe Vigier, 15 octobre 2019